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Frederic GRAND
20 septembre 2026
Infernal Trail 200 K - ST.NABORD - Du 11 au 13 septembre 2026 (suite)

Infernal Trail 200 K - ST.NABORD - Du 11 au 13 septembre 2026 (suite)

Nous voilà enfin dans le massif des Vosges, au départ de ce monument de l'ultra trail qu'est l'IT200, l'objectif de l'année pour Rémi BOLMONT et moi.

Un 3° larron nous rejoint dans l'aventure, Aurélien VIENET, tout fraichement licencié SGH.          C'est tout de même son 3° ultra trail de l'année.

Robin JAYE, un ancien licencié SGH est également de la partie.

Etre sur la ligne de départ au milieu d'un peu moins de 500 coureurs est un soulagement.            La musique, le feu d'artifice, les spectateurs, tout donne les frissons.

Une nièce de Rémi et son compagnon, qui nous ont hébergés dans la journée, sont présents au départ, c'est agréable

L'Infernal Trail 200, le bien nommé.

Pas moins de 10.000 mètres de dénivelé nous attendent.

Le parcours est renouvelé à 50 % par rapport aux éditions précédentes.

3 bases de vies + l'arrivée et une dizaine de ravitaillements.                                                                Dans nos têtes nous partons pour 4 courses distinctes, c'est moins compliqué à appréhender.

Le départ est donné à minuit dans la nuit du jeudi au vendredi.                                                          Une des difficultés = 3 nuits dehors.

Nous devons boucler l'affaire en moins de 61 heures, soit le dimanche avant 13h00.

Un soutien mutuel, tel devra être le moteur de cette épreuve.

Aurélien va faire la course de son côté, nous le croiserons régulièrement lors des haltes jusqu'à mi-course, ensuite il aura pris de l'avance.                                                                                                 Je vous propose de lire son retour d'expérience, publié à part.

* Le premier tronçon - St.Nabord - La Jumenterie allé (1°BV au 67°km) - doit se dérouler si possible tout en gestion.

Après l'effervescence du départ, nous retrouvons très vite le calme de la nuit, personne ne cause, pas même moi.

Proche du ravito de St.Amé, nous voyons une première fois - Fred Vansson - et ses gosses, il nous accompagne musique à fond sur quelques tronçons, çà a été marrant çà.

Puis je me retrouve particulièrement tôt déjà nauséeux dans la course. De sorte que cet état ne dure pas des plombes, je m'oblige à éliminer le trop plein (vomir) au ravito de Thiéfosse au 26°k.

Rémi prend les devants pour me laisser tranquille, il va bien, tout en gestion.                                Nous nous retrouverons qu'à la 1° base de vie.

Le passage au somment du Haut du Roc est particulier, car aux premières lueurs du jour.    L'aurore est souvent un des bons moments lors d'un ultra.

Puis je retrouve Aurélien au ravito de Travexin au 42° k, je remarque qu'il n'a pas de difficultés à s'alimenter, ce qui n'est pas mon cas.                                                                                                           Il a croisé Rémi qui va bien.

Les vraies difficultés (cols et autres KV) s'enchainent alors, pour atteindre le ravito de Bussang au 56° k. Cette portion a bien piqué, nous y avons laissé des plumes.

Une anecdote, je croise une athlète qui participe à sa 11° édition du 200 k (toutes depuis sa création, et toutes terminées), elle m'assure que ce sera la dernière.

Rebelote pour les difficultés après Bussang pour rejoindre la 1° base de vie à la Jumenterie allé, 2 montées interminables. Fort heureusement dans ce secteur les paysages sont incroyables.

J'arrive enfin à la base de vie de la Jumenterie et y retrouve Rémi. 67 kms de fait.                      Nous sommes déjà bien entamés. Nous prenons conscience de l'immense défi qui nous attend pour boucler la boucle.

Fort heureusement, un compère de trail de Run'In - Yann Roy - nous a rejoint, il nous accompagne sur plusieurs tronçons, çà a fait du bien de discuter avec ce pote d'entrainement dominical expérimenté. Merci pour les bons conseils.

* Le deuxième tronçon - La Jumenterie allé - St.Amarin (2° BV au 110° km) - nous fait entrer en Alsace, il est réputé difficile.

Rémi part un peu devant moi et avance bien. Je ne le revirai finalement pas avant la base de vie suivante.

Une boucle de 15 kms nous fait revenir à la Jumenterie une seconde fois, une descente à St.Maurice sur Moselle, une grimpette pour Servance, une redescente vers le col de Stalon, puis un dernier raidard pour revenir. Finalement cette portion va être beaucoup plus hard qu'escompté.

C'est chiant de revenir au même point, on a l'impression de ne pas avoir avancé. Nous ne sommes qu'au 82° km. L'impression d'interminable est déjà bien présente.

C'est là qu'on retrouve - Fred Vansson - une deuxième fois. Rémi est déjà reparti, il ne va pas trop mal me dit il. Perso, je commence à être dans le dur, en manque d'énergie, je n'ai pas pu manger suffisamment depuis le départ.                                                                                                      L'assistance de Fred va m'être salvatrice, il insiste pour que je m'alimente, m'apporte plusieurs crêpes au jambon et emmental. C'est le premier moment de bascule positive de ma course.    Fred, j'ai eu du bol que tu sois présent à ce moment là.

La difficile deuxième nuit se profile alors. C'est à ce ravito qu'une floppée de coureurs présents avec moi jettent l'éponge.

Me voilà donc parti pour le ravito d'Oberbruck, quand même requinqué.                                        Nous montons au Ballon d'Alsace vers la Jeanne d'Arc, et prenons direction l'Alsace, je suis bien.

La descente caillouteuse en direction du lac d'Alfeld par la cascade refroidit assez vite mes ardeurs, quel merdier de nuit. Je commence de plus à ressentir une douleur à un talon, cette satanée ampoule profonde déjà connue lors d'anciens ultras, elle va m'accompagner et me faire souffrir jusqu'au bout.

Il fait froid durant cette nuit, tour de coup, capuche de la goretex, gants, tout le matos est bienvenu pour me tenir au chaud.

Arrivée au ravito d'Oberbruck, j'ai besoin de faire mon premier somme, 15 à 30 mn sur un lit de camp, un vrai bonheur.

J'y retrouve un concurrent Samuel, nous nous croisons fréquemment depuis quelques années, ancien pote de la SwissPeak. Il a croisé Rémi il y a plus d'1 heure déjà, il va assez bien me dit il. Mais pour Samuel, c'est la tête des mauvais jours et l'abandon, il n'arrive plus à s'alimenter.

Je repars seul en direction de St.Amarin, la 2° base de vie. J'ai vraiment hâte d'y être, car après psychologiquement ce sera l'attaque de la 2° partie de course.

Cà commence à être long, très long.. Je ne sais pas ou en est Rémi, il doit être loin, très loin..

J'arrive enfin à cette base de vie au 110° km, ouf  !

Ho surprise, Rémi est là, je n'en reviens pas, il m'attend depuis plus d'1 heure 30.                                Il a décidé qu'on terminerait cette course ensemble.

Ha mon ami, tu m'as un peu secoué de sorte qu'on ne traine pas trop, tu as bigrement bien fait. C'est le deuxième moment de bascule positive de ma course.

Il m'expliquera plus tard que d'avoir été présent avec lui sur la deuxième partie de course l'a également beaucoup aidé. J'ai plutôt le sentiment qu'il m'a tiré tout le long.

* Le troisième tronçon - St.Amarin - Cornimont (3° BV au 156° Km) - nous fait monter en direction du Grand Ballon puis revenir dans les Vosges, mais surtout, si cette étape se passe bien, psychologiquement c'est gagné.

La montée vers le col de la Hagg est interminable. Les signes de manque de sommeil arrivent. Régulièrement, Rémi ou moi ressentons des sortes de vertiges.

C'est à partir de ce moment que nous instaurons ce nouveau rituel => Sieste directe par terre si c'est insupportable pour l'un d'entre nous.

Le véritable premier arrêt de ce type a lieu dans une grange après le village de Gehouse. Au bout des 15 à 30', on ne sait pas vraiment, nous nous réveillons bien paumé. Cà couine quelques pas au redémarrage, mais çà a fait un bien fou.

Une anecdote autour de ces sommes, nous retrouvons toujours le même conçurent arrivé avant nous au ravito suivant, alors qu'il est partit après nous du point précédent. Cà devient un jeu entre nous.

Il a fait vraiment froid cette fin de nuit. J'ai senti la lassitude de Rémi, je suis parti devant pour le laisser tranquille.

Nous arrivons enfin au ravito du chalet Edelweiss au petit jour, il y fait très chaud, presque trop. Nous prenons un bon petit déj à base de soupe et café chaud.

Nous voilà repartit pour la vallée et le village de Ranspach.

Mince, que cette ampoule au pied me fait souffrir, difficile de suivre Rémi dans les descentes, il est contraint de beaucoup m'attendre.

Une bonne nouvelle sieste vers le village de Fellering (nous en avons fait pas mal au final), et nous attaquons la très belle montée vers le Drumont. Certain passage y sont bien exposé plein soleil, les seules 2 flasques remplies précédemment sont bien trop justes pour l'occasion, on a bien merdé au ravito précédent. Mais nous parvenons enfin au sommet et son magnifique point de vue.

Une anecdote, des parapentistes s'élancent juste au dessus de nous, nous sommes obligés de nous baisser pour ne pas risquer de nous faire embarquer.

Au ravito du Drumont, après un nouveau somme évidemment, je constate que l'estomac va beaucoup mieux, je dois m'empiffrer pas moins de 6 croque-monsieur (beaucoup proposés à chaque ravito), un vrai régal.

C'est à partir de ce moment là que nous commençons à croiser quelques coureurs de l'IT130, çà fait du bien de voir un peu plus de monde et des têtes nouvelles.

Nous voila parti pour Cornimont, une bonne descente. Cette partie de course est interminable. Rémi doit m'attendre. La douleur à chaque pas est pénible. La prise d'un Dolipranne s'est imposé. C'est un peu compliqué pour moi à ce moment là, il reste encore 70 kms, comment aller au bout dans ces conditions ?

Fort heureusement, agréable surprise, nous retrouvons - Cyril Thuillier - qui nous a rejoint sur ce point du parcours. Le fait de discuter avec notre bon pote trailer nous a distrait durant pas mal de kms. C'est le 3° moment de bascule positive de ma course. Un vrai guérisseur ce Cyril.

Nous arrivons enfin à Cornimont la 3° base de vie du 156° km en milieu d'après-midi. Ha ! Il nous reste plus qu'une nuit, c'est un vrai soulagement.

Notre passage à cette base de vie se déroule très bien. Nous avons plusieurs heures d'avance sur la barrière horaire, l'optimisme règne, les bénévoles sont très bons. Nous faisons un somme d'une trentaine de minutes avant de repartir.

* Le quatrième tronçon - Cornimont - St.Nabord (Arrivée au 204° km) - est la portion la moins difficile, mais nous avons été sensibilisé de son côté interminable car la monotonie gagne, le mental est mis à rude épreuve durant la 3° nuit.

Rémi et moi repartons vraiment ragaillardis de la base de vie, tout va pour le mieux.

Nous montons en direction de la Vierge au dessus de Cornimont. Le point de vue y est magnifique en cet fin d'après-midi.

Anecdote, nous croisons 2 concurrents de l'IT130, en détresse et en passe d'abandonner, nous tentons de les rebooster, en vain.

En direction du ravito du col des Hayes, nous sommes encouragés par les 2 nièces de Rémi (bien sympa la famille), elles nous trouvent étonnement frais. C'est vrai que nous étions vraiment bien à ce moment là.

Le passage au ravito du col des Hayes au 166° km se passe sans trainer, nous avons vraiment envi d'en découdre et terminer au plus vite. Il nous reste une quarantaine de kms, çà va le faire. La dernière nuit tombe, c'est parti.

Mais ce qui devait arriver arriva, dès le début de nuit c'est l'énorme coup de bambou, fatigue et surtout vertiges, nous ne tenons plus debout.

Cette première partie de nuit va être terrible. Malgré plusieurs arrêts pour dormir, çà ne va guerre mieux.

Arriver jusqu'au ravito du Haut du Tôt vers le 180° km a été un calvaire, nous sommes épuisés. J'ai acquis la certitude que le système métrique est déconnant dans les Vosges = 1 km vosgien en vaut 2 ailleurs.                                                                                                                                       Rémi part directement se coucher, je dois attendre mon tour qu'un lit se libère. 30' ou 1 heure, on ne sait pas combien de temps on a dormi. Nous avons déclenché le mode survie.

Après une bonne collation, nous repartons, tant bien que mal. C'est une grande descente. J'ai très mal à cette satanée ampoule. Rémi m'attend souvent.

Rejoindre le dernier ravito de St.Amé s'est passé au mental. Ne me parlez plus de chemins forestiers, quelle monotonie. Quant aux sapins des Vosges, no comment, Rémi pourrait mal le prendre.

Nous arrivons enfin à ce dernier ravito de St.Amé. Il nous reste 13 kms à faire.

Anecdote, c'est là que Rémi demande aux bénévoles à manger du pâté lorrain, ce qu'il a obtenu. Le meilleur qu'il ait jamais dégusté dira t il après.

Autre anecdote, c'est là que nous tombons sur un concurrent du 200 k qui est podologue, je lui demande de traiter mon ampoule douloureuse. Il tente bien de la percer avec une aiguille de ma pharma perso, en vain, alors que je goûte également au pâté lorrain, un vrai sketch. Rémi se fout de ma gueule en me voyant serrer les dents.

Le jour se lève en partant de ce dernier ravito pour rejoindre l'arche d'arrivé., Nous avons finalement pas mal d'avance sur la barrière horaire, alors on s'en fout du chrono, on veut juste profiter un peu.

Autre anecdote, nous récupérons des concurrents de l'IT130 qui sont très limite concernant leur barrière horaire d'arrivée de 9h00, nous essayons de les aider et les boostons sérieusement. Perso, çà a égaillé cette partie du parcours.

Arrivent enfin les 2 derniers kms de plat qui rejoignent le stade Perrey. Il est possible que chez nous quelques larmes aient coulées du fait de l'émotion.

Nous passons la ligne au bout de 57H07' d'efforts. On a été au bout. INCROYABLE !

232 concurrents sont finalement classés. Soit 50 % d'abandon.

Je vois un large sourire sur le visage de mon binôme, mon pote de galères dira t il après.

Rémi était déjà un grand ultra trailer sans le savoir. Désormais il le sait.  Mais il ne vous le dira pas, trop humble.

* En conclusion :

Une excellente préparation, la chance d'avoir rencontré des conditions météos sans pluie, le fait d'avoir été assisté par des potes trailers aux meilleurs moments et d'avoir rencontré des bénévoles formidables,  le fait d'avoir su se soutenir dans les moments fatidiques grâce à une belle amitié, les planètes étaient alignées pour être dans les meilleurs conditions de réussite.

Mais quelle aventure !!

Aurélien VIENET est finisheur en environ 52 heures.

Robin JAYE l'est également en 55 heures.

A Bientôt pour de nouvelles aventures trail.

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